4ème Mission humanitaire

« Cultivons ensemble »

LES VILLAGES DE L'ATLAS - MAROC

22 oct. au 06 nov. 2011

Objectifs

Cette année notre mission s'articule autour de l'eau. Trois villages doivent bénéficier de l'installation d'un système de pompage et de distribution d'eau.

Les moyens : 12 personnes, toutes membres de l'association, dont 6 ayant déjà participé au convoi 2010, deux camions TRM et trois véhicules 4x4 pour la logistique et le transport du matériel.
Le matériel : trois cuves, trois pompes immergées, couronnes de tuyaux en 25mm, 32mm et raccords.
Nous amenons aussi du matériel scolaire, des cartons de gâteaux pour les enfants, des semences (luzerne et semences maraîchères), des vêtements adultes et enfants.
Le voyage : le trajet cette année s'est effectué par L'Espagne avec traversée à Algésiras et passage de frontière à Ceuta pour l'entrée au Maroc.
Nous mettrons 4 jours au départ de Montauban pour rejoindre Zaouit Sidi Hamza, première étape de notre mission.

Notre partenaire sur place : depuis le début des missions c'est Zaid LAHRAOUI, patron de l'hôtel la Kasbah Jurassique dans les gorges du ZIZ, province de Rich qui est notre relais sur place.
Il analyse les besoins des villages, et des populations les plus nécessiteuses avant de nous proposer la réalisation de projets.

C'est avec intégrité et droiture que Zaïd agit au nom de l'association. Son rôle est très précieux et en tant que bénévole actif il est devenu officiellement cette année membre de L'Aventure en Anciennes.

   Voir la vidéo résumant notre séjour (13'40)

Nos actions 

1- Zaouit Sidi Hamza, province de Rich

C'est le village historique des premières actions de l'association. Nous y avons installé un puits avec station de pompage, des fontaines dans tout le village. En 2009 ils ont bénéficié d'un tracteur Massey Ferguson, en 2010 d'une remorque agricole. Cette année nous souhaitions installer l'eau au dispensaire et l'électricité à l'école.
Malheureusement dès notre arrivée, le bilan est assez négatif : la pompe est arrêtée, la clef du local de pompage est introuvable, les fontaines ne fonctionnent plus, certains robinets sont cassés, les tuyaux fuient. Le tracteur n'est plus à disposition des villageois.
Nous comprenons assez vite qu'il y a des mésententes entre l'association ADAFAL, notre partenaire sur place, et les différents membres du village.
Devant cette situation dégradée très décevante, et après de longues discussions avec les habitants, instituteurs, infirmiers du dispensaire, nous décidons de ne pas intervenir comme prévu. Nous souhaitons que les villageois manifestent une réelle envie de changer cette situation, une réelle volonté d'avancer.

Ce n'est que plusieurs jours plus tard, que nous revenons sur Zaouit. Etant dans l'impossibilité de dialoguer avec le président de l'ADAFAL, qui a refusé de nous rencontrer, nous avons conclu un accord avec la nouvelle association représentée par Mr AFKIR HAMZA : association ABI SALIM ELAYACH de développement social et renaissance de patrimoine.


Nous convenons ensemble de réaliser les travaux suivants avant de repartir :
Mise en place de l'électricité dans deux classes de l'école, charge à l'association de faire le nécessaire dans les trois autres. Le problème du compteur reste à régler.
Eau courante dans le dispensaire, qui fonctionnait jusqu'à présent avec une citerne d'eau installée par l'infirmier.
Pendant la réalisation des travaux, Jocelyne l'infirmière du groupe assistée de Laurence passeront une matinée à la consultation du dispensaire, jour de Souk. En trois heures, 45 patients seront vu. Ce dispensaire fonctionne avec très peu de moyens et couvre une large zone autour du village, ce qui permet aux populations des montagnes et aux nomades d'avoir une aide médicale fixe.
Il faut noter le travail remarquable de la sage-femme, Nabila (qui a remplacé notre amie Maryame, mutée à Midelt) et de Moulay l'infirmier, logisticien, bricoleur… en poste depuis 25 ans.
Jocelyne laissera un stock de pansements et désinfectants.

 

2- Aït Ouâalou

C'est un village de la province de Rich. Le passage avec les camions dans les petites ruelles du bas du village s'annonce très difficile. Nous sommes obligés de scier une poutre qui dépasse d'une façade de maison pour que les camions puissent monter jusqu'au puits.
Le bas du village est très cultivé, maraichage, mais, luzerne, des pommiers également. Nous sentons très vite qu'il y a du travail, de l'organisation de la méthode.
Les habitants sont très accueillants, nous sommes attendus.

Les réalisations :

Avec l'association pour le développement et la préservation de l'environnement.
Creusement d'un forage : les habitants ont construit autour du forage un petit local en parpaings. Tout est prêt lorsque nous arrivons.
Installation d'une pompe immergée et de son équipement (cuve-contacteur).Création d'un réseau de 1000 m dans le village avec mise en place de robinets.

 

Nous demandons que les villageois creusent une tranchée pour enterrer le tuyau en prévision du froid. Dès le lendemain une équipe est à pied d'œuvre avec des pioches.
Don de semence de luzerne, et de diverses semences maraichères (petit pois, haricots, salades, carottes, tomates, courgettes, choux, courges).
Don de vêtements d'enfants, chaussures peluches, vêtements d'adultes.
Don de 36 cartables, de 30 cahiers et de biscuits pour le goûter.
Nous demandons à l'association de les distribuer aux familles du village les plus démunies.
Pendant les travaux, quelques femmes nous emmènent pour visiter leur maison. Elles sont très désireuses de partager avec nous, de nous montrer leur lieu de vie.
Jo l'infirmière fait quelques consultations, laissant des échantillons, essayant d'expliquer des règles d'hygiène.

 

3- Aït Bouchboud

Ce village, plus grand que le précédent, toujours dans la province de Rich, est très étendu. Il comporte un dénivelé important qui va nécessiter l'achat supplémentaire de tuyaux et raccords. En effet nous n'avons pas de diamètre 40, indispensable si nous voulons que la pression soit suffisante sur le haut du village où se trouve entre autre, l'école.
Les achats de matériaux au Maroc nécessitent beaucoup de temps, de négociation, de patience… et des litres de thé.

Les réalisations :

 

Avec l'association Taghbaloute
Contrairement au village précédent, le puits est déjà creusé dans le bas du village, près de la rivière. Nous allons l'utiliser pour créer la petite station de pompage. Nous avons demandé aux habitants de construire également un petit local en dur pour le matériel installé.
- Installation d'une pompe immergée, d'un équipement électrique et de la cuve d'air.
- Création d'un réseau de 1200 m dans le village.
Lorsque nous arrivons, les hommes sont déjà en train de creuser au marteau-piqueur la longue tranchée nécessaire à l'enfouissement du tuyau pour l'hiver.
A la fin de la journée lorsque l'eau jaillit des robinets ce sont des cris de joie, les femmes accourent de toute part pour remplir leurs récipients d'eau. Les enfants s'arrosent, tendent leurs mains vers ce jet d'eau qu'ils n'ont jamais vu. La population improvise une petite fête en chantant et dansant, les femmes ont sorti les instruments de musique, tout le monde fête l'eau comme une grande joie.

 

Avec l'association des parents d'élèves
Nous déposons devant le local de l'association tous les sacs que nous avons préparés à l'attention des familles démunies du village : Layette et vêtements bébés, enfants et adultes, chaussures adultes et sacs à main, cartons de gâteaux pour le gouter des enfants, cartables.
Il est important de noter que notre mission s'inscrit dans un esprit de partenariat et de collaboration avec les associations locales. Nous avons signé ensemble une attestation de don humanitaire pour tout le matériel installé ou les dons en nature. Ceci afin de responsabiliser les représentants locaux des villages où nous intervenons. Nous nous réservons le droit l'année d'après de vérifier l'état et l'entretien du matériel hydraulique et électrique et la bonne distribution des colis et des dons que nous leur avons attribués.

Le pays est en pleine transformation économique. Mais il y a deux Maroc.
Le Maroc « européen » de l'ouest, industrialisé, très organisé touristiquement, base de production de nombreuses sociétés Françaises.
Et puis le Maroc « africain », encore très pauvre, où les populations berbères, rurales, travaillent la terre comme dans la France d'après-guerre. L'aide humanitaire que nous leur apportons ne vise pas à bousculer leurs habitudes de vie, mais à améliorer le quotidien très rude, surtout des femmes et des enfants.