3ème Mission humanitaire

« Cultivons ensemble »

LES VILLAGES DE L'ATLAS - MAROC

31 octobre au 15 novembre 2010

Objectifs

Nous avons remis aux habitants du village de ZAOUÏT SIDI HAMZA, lors du raid MAROC 2008, un tracteur agricole MASSEY FERGUSON 140, entièrement révisé et repeint, et du matériel tel que charrue et herse.

Notre but est d'apporter un peu d’amélioration du quotidien et de faciliter l’accès aux produits de première nécessité.

Voila pourquoi, en cette anné 2010, nous retournons à nouveau dans ce village et quelques autres.


LE PARCOURS : ---> Parcours convoi Maroc 2010.pdf [76 KB]


LES PARTICIPANTS : ---> Convoi Maroc 2010.pdf [37 KB]



Nos actions 

Dimanche 31 oct 2010

Départ ce matin pour les 4 TRM et 2 4x4 des 14 bénévoles, pour la mission Maroc-Les villages de l’Atlas.
Embarquement à Sète sous un beau soleil d’automne. La traversée dure 2 nuits et un jour entier. Le Mistral Express nous amènera jusqu’à Nador, arrivée prévue Mardi 2 novembre au matin.
Notre mission intitulée « cultivons ensemble » et organisée par le président Christian Mommayou, s’adresse à la population de plusieurs villages de l’Atlas.
Nous leur apportons des semences (blé et pois carrés), du matériel agricole, mais aussi du matériel médical, scolaire, des vêtements et des vélos.
Nous aurons l’occasion d’y revenir plus en détail, au fur et à mesure des distributions.
Loin de toute idée d’assistanat, le but est d’apporter de l’aide et de soutenir des projets durables et s’inscrivant dans le moyen et long terme.
A mardi pour la prochaine étape.

Mardi 02 nov 2010

Après un jour et deux nuits de traversée, nous arrivons ce matin à 08h à Nador. C’est sans regret que nous quittons le Mistral Express, vieux bateau rouillé, aux cabines sommaires et sans confort.
Les marocains eux-mêmes, habitués à de nombreux voyages reconnaissent que ce bateau est prêt pour la réforme ! Nous avons eu l’occasion pendant ces 2 jours de lier connaissance avec plusieurs personnes : les passagers sont très amicaux, souriants, chaleureux même. Ils sont intéressés par notre action envers les populations démunies de l’Atlas, nous posent des questions et nous félicitent.
Nous commençons les formalités Police – douane vers 09h30. Mohamed, le président de l’association au Maroc à fait le voyage depuis ZAOUIT SIDI HAMZA jusqu’à NADOR pour nous faciliter l’entrée dans le pays.
Si la police ne pose aucun problème, car nos papiers personnels sont en règle, il en est autrement pour les véhicules et ce que nous transportons.
La douane nous impose un visa de « l’entraide internationale «, seul organisme habilité à nous valider l’entrée au Maroc avec des dons humanitaires. Christian accompagné de Mohamed se rendent en taxi en ville au bureau de l’organisation. Le responsable est absent, un dépôt de dossier est nécessaire 15 jours au préalable. Nous sommes dans l’impasse.
De retour sur le port, nouvelle tentative auprès de la direction des douanes.
Pendant ce temps les douaniers nous remettent des certificats de dépôt en échange des cartes grises Les camions n’ont pas l’autorisation de sortir du port pour l’instant.
Il semble que par Nador il soit impossible de faire rentrer de l’aide humanitaire, et des vêtements usagés. Une solution semble envisageable avec la collaboration du Croissant Rouge. Mais ce soir personne ne répond au téléphone.
Nous avons vu défiler au fil des heures tous les véhicules qui ont voyagé avec nous depuis la France. Tous ont passé les formalités avec plus ou moins de facilité. Il a fait une douce chaleur à Nador, le soleil commence à disparaitre derrière les collines de la ville.
Il est 17h30 et à part 2 ou 3 fourgons bloqués par la douane, le quai est presque désert, seuls nos 4 camions et 2 voitures restent en place. Nous devrons passer la nuit ici sur le port.
La patience est une qualité primordiale dans les missions humanitaires, mais nous sommes déterminés à trouver une solution en accord avec les règles du pays pour mener à bien notre action.

Mercredi 03 nov

Ce matin après une nuit sur le parking de la douane nous prenons notre petit déjeuner sous les premiers rayons de soleil, avec l’espoir de pouvoir partir rapidement. Or jusqu’à 10 h, rien n’avance. Nous décidons alors de nous installer sur le parc des douanes : tentes, table, repas. Cette décision qui montre notre détermination étonne et inquiète les douaniers en uniforme qui nous observent. Nous obtenons un rendez-vous immédiat à la Direction Régionale des Douanes. Christian, Mohamed et Edouard se rendent en ville pour rencontrer Mr Chafik Esalouh, directeur. Ce dernier, homme d’écoute et de dialogue prend les choses en main et va, à partir de ce moment là tout mettre en œuvre en collaboration avec Mr Ali OUADDI (ordonnateur du port de Nador) pour solutionner le problème.

La loi marocaine interdit l’importation d’un certain nombre de marchandises d’occasion, comme les vêtements, chaussures, pneus… Nous l’ignorions. Afin de respecter la règlementation du pays nous devons laisser en saisie douane les sacs de vêtements que nous devions distribuer dans les villages de l’Atlas, Mr Esalouh conscient de notre mission et de notre engagement nous explique que l’association ADAFAL devra faire une demande d’aide à l’entraide nationale à Midelt, pour recevoir sous forme de don les vêtements saisis, il s’engage personnellement à la bonne réalisation de cette opération.
Le reste du matériel que nous transportons est libéré en Franchise de droits et taxes, après que nous ayons établi les formulaires nécessaires.
Nous sommes satisfaits de ce dénouement et remercions chaleureusement Mr Esalouh et Mr Ouaddi de leur implication efficace.
Il faut rajouter qu’afin de nous faire patienter dans les meilleures conditions, nous avons non seulement été invités à déjeuner dans un excellent restaurant de Nador, mais ils nous ont également offert l’hébergement pour la nuit dans un très beau parc résidentiel.
Ces 2 jours nous ont permis de comprendre un peu plus le Maroc. Nador est un petit port certes, mais son administration combat chaque jour la corruption, la contrebande et les trafics en tout genre. Sous l’impulsion de son roi, le Maroc a la forte volonté d’assainir ses échanges commerciaux et son fonctionnement intérieur.
Ce soir nous sommes fatigués, mais heureux et soulagés d’avoir pu obtenir les autorisations nécessaires à la bonne réalisation de notre mission.


Jeudi 04 Nov

Ce matin c’est chez Bernard Bouscary et sa fille, dans le parc résidentiel de loisirs AZAIFUN, que nous petit-déjeunons. Ce français originaire du bordelais a ouvert en 2008 ce très beau complexe situé sur les hauteurs de Nador en pleine forêt. Nous recommandons cette adresse à tous ceux qui voyagent dans cette région. L’hébergement est confortable et l’accueil très chaleureux.
Intéressé par notre aventure nous lui promettons de le tenir au courant de la suite de notre mission.
Nous quittons Nador vers 08h30 direction Guercif puis Misour, pour atteindre Zaouit sidi Hamza ce soir.
La région est belle. On trouve une alternance de cultures (blé, luzerne), de plantations d’oliviers et de maraichage en plein champs.
Partout de nombreuses citernes enterrées récupèrent les ruissèlements d’eau de pluie ce qui permet à la population d’avoir des réserves suffisantes pour leur usage domestique, leurs animaux et pour assurer l’irrigation de leurs cultures.
Tout le long de la route des troupeaux de moutons et de chèvres paissent tranquillement sur ces étendues semi-désertiques gardées par de jeunes bergers.
Beaucoup de petits ânes aussi, souvent utilisés pour tirer charrettes et carrioles.
Les enfants de retour de l’école semblent faire de longues distances à pied pour rejoindre leur maison. Ils portent tous leurs cartables sur le dos, et nous font des sourires et des grands signes de la main.
Il est 18h30, le soleil se couche sur les montagnes de l’atlas. Nous avons encore 40 km avant d’arriver à Midelt, dernière ville avant notre village de destination.

Vendredi 05 Nov

Première nuit à Zaouit sidi Hamza.
Hier soir nous sommes arrivés à la nuit, mais tout le monde était là pour nous accueillir. L’association ADALFA que nous aidons à réaliser une superbe porte voutée à l’entrée du chemin : 2 camions sont trop hauts et ne passent pas, ce n’est pas grave nous les laisserons en bas, après les problèmes que nous avons résolus ce n’est pas cela qui va nous arrêter !
Ils ont tué chevreau, agneau et poulets pour notre arrivée. Les femmes ont préparé à manger pour nous tous. Les villageois sont très modestes, mais ils sont à nos petits soins. Le matin elles font le pain et des galettes de pâte feuilletée cuites dans le beurre.
Nous commençons notre distribution de matériel par la remorque agricole, qui vient compléter le tracteur remis en 2008.
Puis nous déchargeons une vingtaine de vélos avec des pièces détachées afin qu’Adalfa puisse monter un atelier de réparation et faire une petite rentrée d’argent.
Nous continuons par une visite à l’école de Zaouïa . Il ya 5 classes et 120 enfants du primaire. Les professeurs sont ravis de nous voir. Les classes sont bien organisées, il y a suffisamment de matériel. Les enfants sont tous autour de nous les filles d’un coté les garçons de l’autre. Beaucoup essayent de nous parler avec les mots en français qu’ils apprennent.
Par contre nous apprenons qu’il n’y a ni eau courante, ni électricité. Les toilettes sont inutilisables. Il apparait qu’un conflit administratif empêche l’école et également le dispensaire d’être raccordés. Christian souhaite pouvoir examiner la possibilité pour l’Aventure en Anciennes de fournir le raccordement en eau potable dans cette partie du village.


Notre visite au dispensaire nous permet de rencontrer Maryame une des sages-femmes. L’équipe médicale en compte 2 et un infirmier. Mais en raison des coutumes locales peu de femmes viennent accoucher au dispensaire. Maryame est une jeune femme ouverte et consciencieuse, désireuse de faire bouger les choses et qui souhaite s’impliquer auprès de la population. Nous allons essayer ensemble d’essayer de changer un peu les habitudes : Les sages-femmes expliqueront aux mamans que si elles viennent accoucher au dispensaire elles recevront un colis de naissance (fourni par l’association) pour leur enfant.
Le suivi médical des femmes et des enfants de l’école serait un grand progrès.
Pour le déjeuner, nous sommes invités par un village de nomades sédentarisés qui vivent dans la montagne C’est Mohamed qui a organisé la visite. Nous partons donc en expédition tous les 15 en tracteur et remorque sur les sentiers escarpés de l’atlas. Jean louis est au volant, Mohamed assis sur l’aile du tracteur et nous tous dans la remorque. Il nous faudra 45 mn pour atteindre ce village en haut du plateau.
Les nomades cultivent des parcelles, l’eau est partout dans ces montagnes. Les femmes travaillent beaucoup toute la journée.
Ils ont prévu un repas sous les tentes berbères. Semoule poulets et agneau. Le professeur de l’école est avec nous. L’école est toute neuve, c’est la première fois que ces 22 enfants de 5 à 13 ans sont scolarisés. L’état a fourni la classe unique en matériel et tables, il en manque 3 pour que les enfants aient chacun une place. Nous leur faisons porter ainsi que des ballons et de la layette.
Cette journée a été très riche en échanges et rencontres. Maryame et sa nièce Ibtissam viennent manger avec nous. C’est notre belle rencontre de la journée. Il nous parait essentiel d’élargir nos actions à l’école et au dispensaire pour que toute la population puisse profiter de l’aide que nous apportons.

Samedi 06 nov

Ce matin comme convenu avec Maryame , nous commençons nos distributions par la livraison du matériel au dispensaire. Tout est fait dans les règles, un listing est établi signé par les 2 parties. Maryame est très satisfaite de notre aide collaboration mais sait qu’elle devra faire preuve de fermeté face à la pression locale.
Nous laissons ensuite les 4 tables d’écolier et quelques fournitures scolaires au gardien de l’école. Le président de l’association des parents d’élèves est prévenu et c’est lui qui signe le listing de don.
Christian souhaite que nous fassions le tour du village, afin de voir le travail effectué par les habitants autour des points d’eau et du forage réalisés par l’association en 2009.
La pompe et le local sont bien entretenus, les villageois ont construit de belles fontaines dans 8 coins différents du village. C’est une belle réalisation. Les femmes chargées d’aller chercher de l’eau sont très heureuse ne plus descendre à la rivière plusieurs fois par jour.
Le village de Zaouit est composé d’une partie ancienne, un KSAR (ensemble d’habitations en torchis avec des passages en souterrains, une mosquée…) qui date du 17 eme siècle.La partie haute du village est neuve, les habitants ont laissé la partie ancienne depuis 3 ans, mais quelques familles (une quinzaine de personnes) y vivent encore.


Nous avons le privilège de visiter la « bibliothèque » petite pièce sous terre qui recèle des livres anciens vieux de 400, 500 et même 700 ans pour les plus anciens. C’est un réel trésor du patrimoine berbère. Le gardien nous ouvre les armoires, et nous regardons avec émerveillement ces livres oubliés.
Le soir nous quittons le village en direction des gorges du ZIZ.
Deux pannes aujourd’hui dont une que nous ne pourrons réparer que demain :
Le 4 x4 a Thadée : retour d’huile du flexible de l’assistance de direction. Patrick s’en charge.
Le camion du Président : câble d’embrayage cassé. Jean-Louis conduit le camion jusqu’à notre hébergement, demain les mécanos s’occuperont de réparer.

Dim 07 nov

Hier soir Zaid le berbère nous a accueilli chaleureusement dans son hôtel – camping La Kasbah Jurassique.
C’est un très joli endroit, avec une décoration typique berbère, un jardin intérieur avec des orangers et citronniers. La cuisine est excellente et la décoration très belle. Si vous passez dans la région surtout ne manquez pas cet endroit.
Zaid est un ancien professeur de français au Maroc, Il fait beaucoup d’actions sociales dans la région, et donne des cours de français bénévolement dans son village.
Il a une approche très intéressante de l’aide humanitaire, grâce à une connaissance approfondie des habitudes, des problèmes et des besoins.
Il a prévu une aide pour le village de TASOUFANTE : 42 familles assez démunies. Sous la direction d’Arlette et Anne-Marie (responsables vestiaire !) nous confectionnons 42 cartons de vêtements mélangés femmes-hommes-enfants-layette.
Nous sommes invités à manger dans le village, une fois de plus le repas est copieux et bien cuisiné.
La distribution se fait méthodiquement, en fonction de la liste des familles établies par Zaidi. Nous apprécions l’attitude respectueuse de la population par rapport à nos dons.
En fin d’après midi, un petit groupe se rend en compagnie de Zaid dans un village de l’autre coté de l’oued pour examiner la possibilité d’y creuser un puits et d’y amener l’eau dans un projet futur.
La soirée se finit dans la convivialité autour d’un repas berbère chez Zaid.

Lun 08 nov

Nous quittons la Kasbah jurassique ce matin avec la traditionnelle photo de groupe devant les camions.
Le président a décidé d’acheter la tente berbère de Zaid installée dans la cours de l’hôtel pour l’expatrier à Montech ! Pour vous tous qui connaissez Christian, prendre un thé très sucré à la menthe ou à l’absinthe (à la marocaine)sous la tente dans le hangar de l’association vaudra le déplacement…
2 distributions sont prévues sur le chemin : l’école du village d’Ifri où le président des parents d’élèves nous a préparé une demande d’aide. Puis la garderie du même village, petite pièce vide où nous laissons tables et jouets.
Auparavant nous avons trié pour les œuvres sociales de Zaid des cartons de vêtements, des vélos, et des livres scolaires. Zaid est notre correspondant sur la région, son partenariat est fiable et efficace.
Nous prenons la route des gorges du Dadès, via Er-Rachidia et Guoulmima.
Le passage de nos camions et voitures sur les petites routes des villages créé l’attraction et parfois l’étonnement. Certains villages restent en dehors des circuits touristiques. La route des gorges de l’oued Gheris est très belle. C’est une vallée encaissée où de nombreux petits villages sont installés en bordure de la rivière.
Beaucoup de palmiers, de fruitiers, de cultures maraichères sur de petits rectangles de terre travaillés à la main. Il n’est pas rare de voir des mulets tirer une charrue et des femmes couper la luzerne à la faucille.
L’irrigation se fait par immersion comme dans les plaines de la Crau en France, grâce à de petits canaux qui amènent l’eau jusqu’aux parcelles.
Ici tout reste très traditionnel ; les femmes font la lessive dans la rivière et remontent leur linge dans de grands paniers sur la tête ou bien à dos d’âne. Puis tout est étendu au soleil un peu partout autour des habitations.
Ce soir nous dormirons à 80 km de Boumilna, car la nuit est tombée. Nous sommes les seuls clients de l’hôtel, et les propriétaires sont très heureux de nous avoir ; nous aurons droit après le repas et le thé, à de la musique berbère rien que pour nous ; Un petit groupe constitué par le gérant, les serveurs, et les voisins assurent l’animation … ambiance garantie !

Mardi 09 nov

Comme tous les matins, l’air est frais, mais il fait grand soleil dans les vallées de l’Atlas.
Après le petit déjeuner à l’auberge chez ALI, et en concertation nous décidons de demander au propriétaire (et à son groupe) de faire l’intermédiaire entre les habitants du village de Tamttetouchte et notre association.
Les hommes nous semblent de confiance et ont fait preuve d’une réelle générosité envers nous. Il y aurait 3 handicapés dans le village dont 2 enfants.
Nous laissons donc des cartons de vêtement, 3 fauteuils roulants et déambulateurs. Nous faisons signer un bon de réception comme pour toutes les autres distributions, afin de garder une trace.
Après la photo de groupe devant la tente berbère, nous partons direction les gorges du Todra.
C’est un endroit magnifique, les falaises atteignent 250 m pour les plus hautes. La petite route serpente tout le long de l’Oued. Des palmiers en bouquet donnent à ce paysage des allures de décors de film. Par contre l’endroit est devenu très touristique, et des vendeurs sont installés un peu partout.
En fin de matinée nous arrivons à Boumalne Dades. Dans le marché, peu de touristes. L’endroit est joyeux et c oloré, toues les odeurs se mélangent : les épices, les olives, les dattes….
Christian retrouve par hasard Said Houssaine un employé de l’hôtel Xeluca, qu’il a rencontré lors de précédents voyages. Celui-ci parle parfaitement le français et nous invite chez lui à boire le thé. Licencié en droit de la faculté de Marrakech, il a monté une petite association d’entraide ANAROUZE dans son village natal situé dans les gorges de Dadés : Amouguer.
Nous profitons de cette rencontre pour lui remettre des vêtements adultes et un fauteuil roulant pour une personne handicapée depuis des années.

Nous repartons pour la dernière étape de la journée, Ouarzazate, où nous avons prévu de remettre au Croissant Rouge tout ce qu’il reste en matériel médical : 2 lits médicalisés complets, des fauteuils roulants, déambulateurs…
Il est tard, mais la personne de permanence nous ouvre très gentiment et contacte dans la foulée le secrétaire général pour la réception des dons. Le contact est très chaleureux.
Nous passerons la nuit au camping d’Ouarzazate, très fréquenté par les touristes européens et surtout français.
Demain direction Oulidia, via Marrakech et SAFI, une longue route nous attend.

Mercredi 10 nov

Notre mission humanitaire s’est terminée hier soir avec la dernière distribution à Ouarzazate.
Camions sont désormais vides, et pourtant la route par le col du Tizi-N-Tichka sera longue : nous mettrons 4h30 pour relier les 280 km entre Ouarzazate et Marrakech. Le col culmine à 2260 m, c’est le plus haut du Maroc.
Ici la montagne est d’un oranger profond, voire rouge par endroit en raison du sulfate de fer qui teinte la roche par les écoulements des eaux de pluie.


Nous ne faisons que traverser Marrakech sans nous arrêter.
Nous atteignons SAFI sur la cote Atlantique en fin d’après midi. C’est un ancien bastion portugais du XVI eme siècle comme Essaouira (anciennement Mogador) ou El Jadida.
Les remparts protégeaient la ville des ennemis arrivant par la mer. Aujourd’hui la Médina est en réhabilitation, et nous ne pourrons pas monter sur les chemins de ronde pour voir les canons toujours en place.
Certains font un petit tour dans les souks, où il ya autant de marchandises que de piétons.
Les vendeurs de beignets côtoient les vendeurs de babouches. Les collégiens (reconnaissables grâce aux tuniques blanches des filles) marchent en riant.
Dernière étape de la journée, Oualidia, toujours au bord de la mer. Petite ville balnéaire, mais également port de pêche ; la baie est très jolie et nous aurons droit à un extraordinaire repas de poissons et fruits de mer : oursins, araignée de mer, moules, crevettes, daurades...
Demain nous continuerons de longer la cote pour remonter jusqu’à Kenitra.

Jeudi 11 Nov

Nous quittons Oualidia sous un soleil magnifique. Le climat est doux au bord de mer. La région que nous allons traverser est presqu’entièrement consacrée aux cultures maraichères.
Toutes les parcelles de terre jusqu’à la mer sont cultivées. Beaucoup de main d’œuvre car le travail ne se fait quasiment qu’à la main. Les mulets et les petits ânes sont les précieux alliés de la population .ici très peu de tracteur, les animaux sont aussi bien utilisés pour le travail de la terre que pour le transport de la récolte, ou des ouvriers en carriole.
Nous arrivons à El Jadida, où les portugais ont laissé de magnifiques vestiges :
Les remparts tout d’abord qui ont été restaurés, les canons entièrement conservés. Puis la fameuse « citerne portugaise ». C’est une réserve d’eau souterraine bâtie, qui recueillait les eaux de pluie. La voute en brique servait de filtre et les 2 millions de litres d’eau potable alimentaient la population de la forteresse .Lorsque les portugais ont été chassés de la ville, ils ont muré les entrées afin de la rendre inaccessible. C’est en voulant agrandir son magasin en 1912, qu’un commerçant juif a cassé un mur redécouvrant presque 400 ans plus tard cette merveille architecturale. Elle fait partie maintenant du patrimoine culturel de la ville.
C’est en traversant JORF LASFAR que nous arrivons réellement dans le Maroc industriel. Cimenterie, centrale thermique au charbon, fabrique d’engrais… plus au Nord la voie rapide longe les dépôts de gaz et d’hydrocarbures.
Le Maroc est un pays de contraste, où la modernité des grandes villes s’oppose aux techniques et aux modes de vie des campagnes.
Sur les rocades et autoroutes nous croisons des vélos et des piétons sans lumière, des carrioles à mulets, des transports de moutons improbables (la fête de l’Aïd approche) … Il ya 13 fois plus de morts sur la route au Maroc qu’en France, on comprend pourquoi !
Ce soir nous installons notre bivouac sur l’aire d’autoroute proche de Kenitra.
Demain nous serons à Tanger pour prendre le bateau.

Vendredi 12 nov

La nuit sur l’aire d’autoroute a été rude. Mais ça fait aussi parti de l’aventure d’improviser et de trouver des solutions. Les repas ensemble restent un grand moment de convivialité. Christian avait sorti le groupe électrogène pour avoir de la lumière, Ginette et Edouard ont assuré la cuisine comme d’habitude.
Nous devons être au port de Tanger en début d’après midi, le départ du bateau est prévu pour 18h, Inch’allah ! Selon l’expression locale …
Ici la spécialité du bord de route est la poterie, de toutes les formes et de toutes les couleurs.
A Larache un nid et sa cigogne sont perchés au sommet d’une antenne relais. Cela me rappelle la légende que nous a racontée Zaid le berbère : on dit au Maroc que les religieux qui n’ont pas respecté le jeûne pendant le Ramadan ont été punis et transformés en cigogne. Désormais je ne verrai plus jamais les cigognes comme avant.
L’arrivée à Tanger n’est pas aussi facile que prévue : un nouveau terminal portuaire a été créé, TANGER MED, à 35 km de la ville en direction de Ceuta. Nous ne le savions pas.
Les formalités administratives d’embarquement s’annoncent longues et laborieuses. Uniquement 3 guichets dans une zone encore en construction. Les files d’attente s’éternisent, les hommes s’impatientent. Notre groupe reste imperturbable, solide comme un roc, armé de patiente.
Plusieurs heures après, les camions passeront au scanner des douanes pour vérifier ce que nous transportons, puis avant de monter sur le bateau un homme scrutera avec une lampe tous les véhicules pour contrôler que nous n’embarquons aucun clandestin.
C’est donc avec 5 heures de retard que le Majestic, très beau bateau Italien quittera Tanger. Certains arrivés trop tard resteront sur le quai.
C’est ainsi que s’achève notre mission humanitaire au Maroc.
Christian dans son débriefing sur le bateau, parle déjà de la prochaine. L’association s’achemine petit à petit vers des projets ciblés et durables. Le Maroc est en évolution, mais il est certain qu’en dehors des grandes zones économiques ou industrielles il reste un pays où de nombreux villages n’ont pas accès à certains besoins élémentaires (l’eau courante par exemple).
L’important est d’analyser les besoins pour que l’action, en accord avec les autorités locales soit toujours efficace et éthiquement irréprochable.